Souvenirs de madame Louise-Elisabeth Vigée Lebrun

 
Louise-Elisabeth Vigée Lebrun - Louise Augusta reine de Prusse

Louise Augusta, reine de Prusse
Louise-Elisabeth Vigée Lebrun -
Pastel - 1801

 

 

  

CHAPITRE VI

Narva.— Sa cataracte.— Berlin.— La douane.
— M. Ranspach.— La reine de Prusse.— Sa famille.— L'île des Paons.— Le général Bournonville

Je partais de Pétersbourg triste, malade, et seule dans ma voiture, n'ayant pu garder ma femme de chambre, qui était Russe, mariée et fort avancée dans sa grossesse. J'emmenais seulement un très vieux homme qui désirait aller en Prusse, à qui j'avais donné par pitié la place d'un domestique, ce dont je me suis bien repentie, car cet homme s'enivrait à chaque poste au point qu'on était obligé de le reporter sur le siège. M. de Rivière, qui m'accompagnait dans sa calèche, ne me fut pas d'un grand secours, surtout quand nous eûmes passé la frontière russe et que nous trouvâmes les sables; car les postillons, dont il ne savait pas se faire obéir, l'emportaient sans cesse par les chemins de traverse tandis que je suivais la grande route.
      Je fis ma première station à Narva, petite ville bien fortifiée, mais laide et mal pavée. Le chemin qui y conduit est ravissant, bordé de maisons charmantes, de jardins anglais, et dans le lointain on aperçoit la mer couverte de vaisseaux, ce qui rend cette route tout-à-fait pittoresque. Les femmes, à Narva, portent le costume des femmes de l'antiquité. Elles sont belles, car en général le peuple de la Livonie est superbe; presque toutes les têtes de vieillards me rappelaient les têtes de Christ de Raphael, et les jeunes gens, dont les cheveux plats tombent sur les épaules, semblent avoir servi de modèle à ce grand maître.
      Le lendemain de mon arrivée, j'allai voir, à quelque distance de la ville, une magnifique cataracte. Une énorme quantité d'eau, dont on n'aperçoit pas la source, forme un torrent si fort et si rapide, qu'il s'élève dans son cours sur des rochers énormes, dont il se précipite avec fracas pour surmonter d'autres rochers; cette multitude de cascades qui se succèdent, s'élancent et s'engloutissent avec fureur, produit un bruit épouvantable.
      Comme j'étais occupée à retracer cette belle horreur, plusieurs habitans de Narva, qui me regardaient dessiner, me racontèrent un évènement affreux dont ils avaient été témoins. Les eaux de ces cataractes, étant augmentées par de grandes pluies, avaient entraîné, avec une partie des terrains qui les bordent, une maison où logeait une famille entière. On entendait les cris de détresse de ces malheureux, on voyait leur affreux désespoir sans pouvoir leur porter aucun secours, puisqu'il était impossible aux bateaux de traverser le torrent. Enfin ce spectacle affreux et déchirant fut suivi bientôt d'un spectacle plus horrible, lorsque la maison et la malheureuse famille, entraînés dans le gouffre, disparurent aux yeux de ceux qui me parlaient de ce désastre et qui en étaient encore émus.
      J'arrivai à Riga; cette ville, comme Narva, n'est ni jolie ni bien pavée, mais elle est très commerçante, ainsi qu'on le sait, et le port est très beau. La plupart des hommes y sont habillés à la turque, à la polonaise, etc., et toutes les femmes qui ne sont pas de la classe du peuple mettent, pour sortir, un voile de gaze noir sur leur tête. Je n'eus guère le temps de faire d'autres observations, car je me hâtai d'arriver à Mittau, où j'espérais trouver encore la famille royale; mais j'eus le chagrin de venir trop tard et de ne pas l'y rencontrer, en sorte que je restai fort peu dans cette ville, où je n'étais allée que pour voir nos princes.
      L'état de notre esprit et de notre santé influe si fort sur les objets qui nous environnent, que je me rappelai plus d'une fois alors avec quelle gaieté j'avais fait, en allant à Pétersbourg, le chemin que je venais de parcourir si tristement. Je me souvenais surtout que la vue de la Courlande m'avait ravie. Ces magnifiques forêts de vieux chênes, d'énormes sapins ou d'aulniers, dont les troncs blanchâtres se détachent si bien sur leur feuillage qui ressemble à celui du saule pleureur; ces beaux lacs, ces charmantes collines, ces jolis vallons, mon imagination calme et heureuse animait tout cela par mille idées riantes ou poétiques. Dans les bois, je voyais Diane suivie de son cortége, dans les prairies, des danses de bergers et de bergères, telles que j'en avais vu à Rome sur les bas-reliefs antiques; enfin je charmais ma route. Mais au retour plus de figures fantastiques, plus de danses joyeuses. Ma tristesse et mes souffrances avaient dépeuplé ce beau pays, que je regardais à peine.
      Et pourtant ce qui me restait à faire de chemin jusqu'à Berlin était de beaucoup le plus pénible, puisqu'il me fallait arriver à Memel et à Koenigsberg. En partant de Pétersbourg, j'avais bien pris la poste, mais nous avions rencontré à Riga la grande-duchesse de Bade, qui allait voir l'impératrice sa fille, et qui ne laissait plus de chevaux sur notre route. Je fus obligée d'en prendre à des voiturins, qui, au lieu de me mener coucher aux maisons de poste, me descendaient dans des espèces de cabanes où l'on ne trouvait point de lits et rien à manger, en sorte que le plus souvent je passais la nuit dans ma voiture. Quant aux repas, la soupe que l'on me donnait était faite sans viande, avec du mauvais beurre et des carottes; si je faisais tuer un poulet, il était si maigre et si dur que M. de Rivière et moi nous ne pouvions parvenir à le couper; encore avions-nous à peine le temps de faire ce mauvais dîner, tant les voiturins étaient pressés de repartir. En route, nous étions tellement dans le sable, que la voiture allait au petit pas. Il faisait une chaleur horrible; j'étais obligée, pour respirer, de laisser toutes mes glaces ouvertes, et les deux postillons fumaient constamment; cette vilaine odeur de pipe me tournait le coeur au point que je préférais presque toujours aller à pied, quoique j'eusse du sable jusqu'à la cheville. Heureusement on ne rencontre jamais de voleurs sur ces chemins.
      J'apercevais bien de loin quelques loups sur les hauteurs, mais apparemment ils avaient peur de nous, car ils s'enfuyaient toujours à notre approche, de même que les pauvres cerfs, effrayés par la calèche de M. de Rivière, que je voyais souvent traverser la route.
      Dans l'état de maladie où j'étais, une manière de vivre aussi fatigante devait m'être fatale; peu de jours suffirent en effet pour me jeter dans un accablement que tout mon courage et mon vif désir de ne point m'arrêter en route pouvait à peine surmonter. Je devins si faible et si souffrante, qu'il fallait me traîner dans ma voiture, où je restais comme sans mouvement, privée même de la faculté de penser. Je n'avais d'autre sensation que celle d'une douleur aiguë dans le côté droit, que me causait un rhumatisme et que chaque secousse redoublait. Cette douleur était si intolérable, qu'un jour, les voiturins s'étant enfoncés dans un chemin que l'on réparait et qui était rempli de pierres, je perdis entièrement connaissance dans ma voiture.
      Une partie de mon supplice finit à Koenigsberg; là je repris la poste jusqu'à Berlin, où j'arrivai vers la fin de juillet 1801, à dix heures du soir; mais, en dépit du besoin que j'avais de repos, il me restait à éprouver les tourmens de la douane. On me fit passer sous une grande voûte très sombre, où j'attendis au moins deux grandes heures; ensuite les douaniers voulaient garder ma voiture pour la visiter la nuit, ce qui m'obligeait à me rendre à pied jusqu'à l'auberge, et il pleuvait à verse. Je me débattais en français, ces hommes me ripostaient en allemand; il y avait de quoi perdre l'esprit. On ne voulait seulement pas me permettre de retirer mon bonnet de nuit et de petites fioles qui contenaient des antispasmodiques, dont certes j'avais grand besoin après de pareilles scènes; car, à force de crier avec ces barbares, j'étais enrouée au point que je ne pouvais plus parler. Enfin j'obtins que l'on me laissât quitter la douane dans ma voiture, et je me rendis à l'auberge de la Ville de Paris avec un douanier; vrai démon, qui de plus était ivre-mort. Il défaisait mes paquets, mes vaches, mettant tout sens dessus dessous, et s'empara d'une pièce de mousseline des Indes brodée, qui m'avait été donnée par madame Dubarry lorsque je quittai Paris. Comme je ne voulais pas que l'on déroulât ma Sibylle ni les études que j'avais faites de l'empereur et de l'impératrice de Russie, ma voiture fut cachetée, et je pus enfin me mettre au lit, mais non sans un tremblement affreux qui ne me permit pas de dormir un seul instant.
      Le lendemain matin de bonne heure, j'envoyai chercher M. Ranspach, mon banquier, qui arrangea tous mes démêlés avec la douane; il me fit rendre ma pièce de mousseline, à laquelle je tenais beaucoup, sans que j'eusse rien à payer, et les chefs des douaniers poussèrent la politesse jusqu'à venir chez moi me faire des excuses de ce qui s'était passé. M. Ranspach, qui me guidait pour mes affaires pécuniaires, était un fort aimable homme dont je n'ai jamais eu qu'à me louer. J'allai dîner chez lui quelques jours après, et je trouvai là plusieurs de ses compatriotes qui joignaient à beaucoup d'instruction le mérite de n'avoir aucune pédanterie, et dont la conversation m'intéressa beaucoup.
      Trois jours me suffirent pour me remettre de mes fatigues, et je me sentais beaucoup mieux, quand la reine de Prusse, qui n'était point alors à Berlin, eut la bonté de me faire dire de venir la trouver à Potsdam. Je partis; mais ici ma plume est impuissante pour peindre l'impression que j'éprouvai la première fois que je vis cette princesse. Le charme de son céleste visage, qui exprimait la bienveillance, la bonté, et dont les traits étaient si réguliers et si fins; la beauté de sa taille, de son cou, de ses bras, l'éblouissante fraîcheur de son teint, tout enfin surpassait en elle ce qu'on peut imaginer de plus ravissant. Elle était en grand deuil, coiffée avec une couronne d'épis de jais noir, ce qui, loin de lui nuire, rendait sa blancheur éclatante. Enfin, il faut avoir vu la reine de Prusse pour comprendre comment, à son premier aspect, je restai d'abord comme charmée.
      Elle me fixa le jour de la première séance. «Je ne puis, dit-elle, vous la donner avant midi; car le roi, qui passe la revue tous les matins à dix heures, est bien aise que j'y assiste.» Elle désirait que j'eusse un logement dans le château, mais, sachant qu'il aurait fallu pour cela déranger l'une de ses dames, je remerciai, et j'allai me loger aussitôt dans un hôtel garni, voisin du palais, dans lequel j'étais fort mal sous tous les rapports.
      Mon séjour à Potsdam n'en fut pas moins une véritable jouissance pour moi; car plus je voyais cette charmante reine, plus j'étais sensible au bonheur de l'approcher. Elle parut désirer voir les études que j'avais faites d'après l'empereur Alexandre et l'impératrice Élisabeth; je m'empressai de les lui porter, ainsi que mon tableau de la Sibylle, que je fis remettre sur châssis. Je ne saurais dire avec quelle grâce elle savait me témoigner qu'elle en était satisfaite; elle était si aimable et si bonne, que l'attachement qu'elle inspirait tenait tout-à-fait de la tendresse.
      Je me plais à rappeler tant de marques de cette gracieuse bienveillance dont elle me comblait jusque dans les moindres choses: par exemple, j'avais l'habitude de prendre du café tous les matins, et dans mon hôtel garni l'on m'en donnait qui était toujours détestable; je ne sais comment il se fit que je le dis à la reine, qui, le lendemain, m'en envoya d'excellent. Un autre jour, comme je lui faisais compliment de ses bracelets, qui étaient dans le genre antique, elle les détache aussitôt et les met à mes bras; ce don me toucha plus peut-être que celui d'une fortune, et ces bracelets-là ont toujours depuis voyagé avec moi. Elle eut aussi la bonté de me faire donner une loge au spectacle tout près des places qu'elle occupait habituellement; de cette petite distance je me plaisais par-dessus tout à la regarder: son charmant visage avait seize ans.
      Pendant une de nos séances la reine fit venir ses enfans, qu'à ma grande surprise je trouvai laids; en me les montrant, elle me dit: «Ils ne sont pas beaux.» J'avoue que je n'eus pas assez de front pour la démentir; je me contentai de répondre qu'ils avaient beaucoup de physionomie (18).
      Je parlais souvent à la reine de mon amour pour la campagne et pour les beaux sites; elle désira que j'allasse voir son île des Paons. Une de ses voitures m'y conduisit. On arrive à ce lieu charmant par une épaisse forêt de sapins que l'on traverse, puis on descend un chemin rapide qui vous mène à un lac sur lequel est située l'île des Paons et son petit château. Le temps était triste, il pleuvait même, et ce séjour ne m'en parut pas moins élyséen.
      Outre les deux études au pastel que me faisait faire S. M., je fis de la même manière celles de la famille du prince Ferdinand (19). Une des jeunes princesses, la princesse Louise, qui avait épousé le prince Radzivill, était jolie et très aimable; j'ai eu pendant quelque temps avec elle une correspondance qui me charmait; car je la compte au nombre des personnes qu'il est impossible d'oublier. Son mari, le prince Radzivill, était fort bon musicien. Je me rappelle qu'un jour il me causa une surprise qui tenait uniquement à la différence des usages de tel ou tel pays: pendant mon séjour à Berlin, on me mena à un grand concert public, et je fus étonnée au dernier point, en entrant dans la salle, de voir le prince Radzivill qui jouait de la harpe. Jamais chose semblable ne pourrait avoir lieu chez nous, qu'un amateur, surtout un prince, se mît à jouer devant une autre société que la sienne, et une société payante: il faut croire qu'en Prusse cela semblait tout naturel.
      C'est à Berlin que je fis connaissance avec la baronne de Krudner, si connue par son esprit et son exaltation de tête. Sa réputation comme auteur était déjà faite; mais elle n'avait pas encore acquis le caractère d'apôtre religieux qui l'a rendue si célèbre dans le Nord; elle et son mari ont été très obligeans pour moi. J'en puis dire autant de madame de Souza, ambassadrice de Portugal, dont je fis alors le portrait. Il m'arrivait d'ailleurs, comme à tous ceux qui courent le monde, de retrouver plusieurs gens de connaissance: je revoyais entre autres avec grand plaisir le comte et la comtesse Golowkin, que j'avais connus à Pétersbourg. Je vis arriver à Berlin la charmante actrice, madame Chevalier; elle était fort riche; aussi ai-je su depuis qu'après avoir divorcé, elle avait épousé un jeune homme attaché à la légation française.
     À mon arrivée à Berlin, j'avais été faire une visite à l'ambassadeur de France, le général Bournonville, car j'abordais enfin l'idée de retourner à Paris. Mes amis, mon frère surtout, m'en sollicitaient vivement. Il leur avait été facile de me faire rayer de la liste des émigrés, et j'étais rétablie dans ma qualité de Française, qu'en dépit de tout je n'avais pas perdue dans mon coeur. Le général Bournonville était un brave et bon militaire que l'on estimait beaucoup à Berlin. Il me reçut à merveille, et m'engagea de la manière la plus flatteuse à retourner dans ma patrie, m'assurant que l'ordre et la paix y étaient complètement rétablis.
      Quoique le général Bournonville fût le premier ambassadeur de la république que j'allais trouver, j'en avais déjà vu d'autres. Vers la fin de mon séjour à Pétersbourg, le général Duroc et M. de Châteaugiron étaient arrivés à la cour d'Alexandre, envoyés par Bonaparte, et je me rappelle que, me trouvant à cette époque chez l'impératrice Elisabeth, je l'entendis dire à l'empereur: Quand donc recevrons-nous les citoyens? M. de Châteaugiron vint me faire une visite. Je le reçus de mon mieux; mais je ne saurais dire l'effet que me fit cette cocarde tricolore. Quelques jours après ils dînèrent tous deux chez la princesse Galitzin Beauris. Je me trouvai placée à table près du général Duroc, qu'on m'avait dit être l'intime de Bonaparte; il ne me dit pas un seul mot, et j'en fis de même avec lui.
      Le dîner dont je parle donna lieu à une chose assez plaisante. Le cuisinier de la princesse, dans l'ignorance totale où il était de la révolution française, prit naturellement ces messieurs pour les ambassadeurs du roi de France. Voulant leur faire honneur, après avoir long-temps rêvé, il se souvint que les fleurs-de-lis étaient les armes de France, et il se hâta de mettre les truffes, les filets, les pâtés en fleurs-de-lis. Cette surprise consterna si fort les convives, que la princesse, dans la crainte sans doute qu'on ne l'accusât d'une aussi mauvaise plaisanterie, fit monter le chef de cuisine et l'interrogea sur cette pluie de fleurs-de-lis. Le brave homme répondit d'un air satisfait: «J'ai voulu faire voir à Son Excellence que je sais ce qu'il convient de faire dans les grandes occasions.» Une femme de mes amies, fort spirituelle, me dit alors tout bas: «Plût à Dieu que les cuisiniers et les marmitons n'en eussent jamais su davantage!»
     Peu de jours avant mon départ de Berlin, le directeur-général de l'Académie de peinture vint avec une grâce infinie m'apporter lui-même le diplôme de ma réception à cette Académie. Tant de marques de bienveillance dont on me comblait à la cour de Prusse m'aurait bien certainement retenue plus long-temps, si mon plan n'avait pas été alors tout-à-fait arrêté. Décidée à partir, je pris congé de cette charmante reine si jeune! si belle! si aimable! J'ignorais, hélas! que bien peu d'années après j'aurais la douleur d'apprendre sa mort. J'ignorais quel infame calomnie se joindrait aux revers de la guerre pour la conduire au tombeau à la fleur de son âge! Jamais je n'ai pu lire alors les bulletins de l'armée de Bonaparte, sans ressentir une indignation qu'il m'est impossible d'exprimer. Je me souviens qu'à cette époque, me trouvant à l'Opéra de Paris, dans la loge de la comtesse Potocka, il y vint un Polonais qui arrivait de l'armée française. (Certes un Polonais n'était pas suspect quand il défendait une puissance du Nord). Je lui parlai des indignes mensonges qu'on se permettait sur la liaison de la reine de Prusse avec l'empereur Alexandre. Ce jeune homme répondit: «Rien n'est plus faux, on écrit tout cela pour égayer les bulletins.» Et cependant l'aimable créature que l'on prenait pour victime lisait ces horreurs, et le chagrin qu'elle en ressentait, joint à tant d'autres chagrins, hâtait peut-être sa mort!

(18) Ces enfans, depuis, ont beaucoup changé à leur avantage. Celle qui est maintenant impératrice de Russie a fort embelli.

(19) Je devais plus tard copier tous ces pastels à l'huile, ce que j'ai fait aussitôt mon arrivée à Paris.

Extrait du livre :
Souvenirs de madame Louise-Elisabeth Vigée Lebrun
Edition : Librairie de H. Fournier - Paris 1835