Rosa Bonheur

 

   

 

1822 -1899

Marie Rosalie Bonheur naît en 1822 à Bordeaux, mais en 1829 sa famille déménage à Paris. Son père, modeste peintre paysagiste l'encourage dans sa vocation d'artiste. Il lui permet d'élever un mouton sur le balcon du sixième étage de leur appartement.

Rosa a deux frères et une sœur. Son frère Auguste, né en 1824, est, tout comme sa sœur, un excellent peintre animalier. Son second frère Isidore-Jules, né en 1827, se spécialise dans les sculptures d'animaux. Sa sœur Juliette, née en 1830, peint des tableaux animaliers, sous le nom de Juliette Peyrol Bonheur. En effet, en 1852, Juliette épouse Hippolyte Peyrol, le fondeur attitré pour les sculptures de Rosa et d'Isidore. C'est naturellement un spécialiste des bronzes animaliers.

En 1837, le père de Rosa fait le portrait d'une fille de douze ans : Nathalie Micas. Coup de foudre entre les deux fillettes. Nathalie deviendra également peintre et elles vivront ensemble jusqu'à la mort de Nathalie en 1889. Au lieu de s'attendrir devant des fleurs, des enfants, des humains, comme il se doit, elle prend comme sujet de dilection des vaches, des porcs, des chevaux et autres animaux. Rosa remporte ses premiers succès au Salon en 1840. En 1848 elle obtient la médaille d'or ce qui lui vaut une commande de l'Etat - Le Labourage nivernais.

Pour mieux étudier ses sujets, elle n'hésite pas à se rendre sur les foires, à observer directement le travail dans les champs, à fréquenter les abattoirs, où elle en vient même à découper des carcasses afin de perfectionner sa connaissance de l'anatomie animale. Voulant passer le plus inaperçue possible, elle demande l'autorisation de la police de porter des vêtements d'homme en public. Celle-ci mentionne : « Paris, le 12 Mai 1852 Nous, Préfet de Police, ... Autorisons la demoiselle Rosa Bonheur demeurant à Paris, rue ... n° 320 à s'habiller en homme ; pour raison de santé sans qu'elle puisse, sous ce travestissement, paraître aux spectacles, bals et autres lieux de réunion ouverts au public. La présente autorisation n'est valable que six mois, à compter de ce jour. ».

En revanche, elle ne passe pas inaperçue quand elle tient son lionceau en laisse pendant ses promenades.

Rosa Bonheur excelle dans la peinture au point que les journalistes de l'époque ont des doutes sur son identité sexuelle et invitent les lecteurs à juger ses œuvres sans penser qu'elles ont été réalisées par une femme. Rosa est incontestablement un personnage important pour l'évolution du rôle de la femme dans le milieu artistique, même si elle ne soutient pas explicitement les mouvements féministes naissants et n'adhère pas aux mouvements pour les droits de la femme qui se multiplient alors en France.

Ses tableaux atteignent des cotes à donner le vertige. En 1853, le duc de Morny est disposé à payer 4000 francs pour l'une de ses petites toiles à sujet champêtre. Le tableau monumental intitulé Le marché aux chevaux est vendu pour un montant tellement élevé, que Rosa décide d'offrir une réplique à l'acheteur qui la vendra pour 25 000 francs. Il est vrai qu'elle travaille à ce tableau pendant un an et demi, et se rend toutes les semaines au marché des chevaux à Paris pour étudier la composition et rendre correctement l'anatomie des chevaux. Rosa Bonheur est une des premières femmes à acheter une propriété à son nom : un château près de la forêt de Fontainebleau.

En 1865 elle est la première femme à recevoir la Légion d'honneur. C'est l'impératrice Eugénie elle-même qui se rend au château de Rosa à By pour lui remettre la distinction. Peu après la mort de Nathalie, le colonel Cody, dit " Buffalo Bill ", exterminateur d'Indiens et grand massacreur de bisons, mais un chaud partisan du vote des femmes, rend visite à Rosa Bonheur. Il s'est converti en acteur et est venu en France avec son spectacle de cow-boys et d'Indiens, pour l'Exposition universelle de 1889. Il veut connaître la peintre des grands espaces. Rosa déplore le sort des Indiens : «  J'ai une passion véritable pour cette race infortunée, appelée à disparaître devant les Blancs usurpateurs... ». Buffalo Bill lui fait cadeau d'un superbe costume sioux, d'un arc et de flèches, qu'elle accepte volontiers. A la suite de cette rencontre très commentée par la presse, Anna Klumpke, jeune américaine, accompagne comme interprète un éleveur de chevaux du Wyoming qui souhaite féliciter Rosa Bonheur pour le soutien qu'elle apporte à la race percheronne.

Rosa vivra jusqu'à la fin de ses jours avec Anna, également peintre, et qui devient sa légataire universelle. Bizarrement, malgré toutes ses excentricités et idées à contre-courant, Rosa Bonheur n'a jamais provoqué de scandale.

 

 Retour aux peintres des XVIII et XIXe siècles

 

 
 

Le marché aux chevaux
1853
Huile sur toile 244 x 507 cm
Metropolitan Museum of Art - New York

  Le sevrage de veaux
1879
Metropolitan Museum of Art - New York
  Limier Briquet
1880
Metropolitan Museum of Art - New York

 

Lien externe :

La Voix des Amognes - page sur Rosa Bonheur