Une machinerie incroyablement compliquée est utilisée pour une tâche apparemment très simple : collecter l'eau de pluie, la distiller et la mettre en bouteille. La complexité de la machine contraste de façon absurde avec la simplicité du produit final, contraste encore amplifié par le fait qu'une seule femme fait fonctionner la machine à l'aide d'une simple manivelle. La femme qui tourne la manivelle se réchauffe nonchalamment en se drapant dans une partie du sol. Elle transforme le sol dur en un tissu souple enveloppant son corps.
En appelant cette peinture La science inutile ou l'alchimie, Varo parait vouloir ridiculiser les prétentions de la science tout en critiquant l'incompréhension que les gens ont de l'alchimie en la prenant pour une manipulation futile de la matière à l'aide de différents outils.
Varo était fasciné par l'alchimie depuis son enfance, aussi bien en tant que procédé chimique qu'en tant que méthode de transformation psychique. Elle savait que l'excès de gadgets était aux antipodes de la pensée alchimiste, et que voir la transformation de la matière comme un simple procédé mécanique ou chimique était faire preuve d'incompréhension de la dimension spirituelle de l'alchimie. L'essence de l'alchimie n'est pas seulement représentée par la distillation de l'eau de pluie, mais également par le sol rigide qui devient un tissu souple et qui peut être vu comme représentation d'une transformation intérieure.