La lune est en cage, prisonnière de la femme, mais celle-ci veille sur elle et la nourrit pour qu'elle continue à illuminer la maison. Cela ressemble à conception précolombienne des rapports entre les humains et le Divin. Chez les Aztèques, par exemple, l'un des objectifs des sacrifices humains était de nourrir le dieu avec le sang des sacrifiés. Les hommes étaient ainsi responsables des dieux. Réciproquement, les dieux protégeaient les hommes. Varo s'inspire ici de cette cosmogonie précolombienne. Cependant, la nourriture de la lune n'est pas du sang humain, mais une bouillie faite à partir des étoiles. Cette bouillie stellaire modifie le lien entre la femme et l'astre, elle donne un rôle presque maternel à la femme. La lune devient ainsi l'enfant de cette jeune femme frêle. Les rôles traditionnels sont donc inversés. Ce lien est accentué par la façon de représenter la lune et la femme. Elles sont peintes toutes les deux de trois quarts, avec la même inclinaison de la tête. Le corps de la femme est courbé comme la lune, ses cheveux clairs et son teint laiteux rappellent la couleur de la lune.