L'orénoque est un fleuve du Venezuela. En 1948, Varo avait voyagé le long de ce fleuve en compagnie de Jean Nicolle, un pilote français. Il est donc fort possible que ce tableau contienne des éléments autobiographiques.
L'exploratrice et à la recherche d'explication face aux mystères de l'univers, ici, les mystères géographiques. Le voyage vers les sources du fleuve peut être interprété comme une quête des origines.
Trois éléments structurent la scène : le fleuve, l'embarcation et la révélation du mystère. Le fleuve à la fois transparent et opaque est source de vitalité, car les arbres y poussent. Il est aussi mystère insondable, et profondeurs impénétrables se dérobant au regard.
L'embarcation, orange comme un poisson, est surmontée d'ailes d’oiseau qui lui donnent la faculté de fendre l'eau et l'air. De plus, elle se présente comme un manteau supplémentaire qui enveloppe parfaitement l'exploratrice.
La source découverte prend la forme d'un guéridon surmonté d'un verre à pied dont jaillit l'eau en quantités suffisantes pour alimenter le puissant fleuve. Mais est-ce bien la véritable source ? Car derrière le guéridon on découvre un couloir infini vers l'intérieur de l'arbre, évoquant d'autres interrogations en cascade ; une question en appelle une autre, un mystère s'ouvre sur un autre.