Ce tableau se présente comme une cosmographie, car Varo y peint les astres, planètes, galaxies et matières interstellaires. Il reflète aussi une conception singulière du lien qui se noue entre le cosmos et les êtres habitant sur terre. En effet, le centre du tableau est occupé par un mécanisme insolite qui puise l'énergie dans les astres pour confectionner un tissu destiné à habiller les êtres féminins. Les sangles et les fils blancs sont donc la matérialisation de l'énergie transmise par le cosmos aux êtres vivants sur terre.
Sur l'étoffe confectionnée avec ces fils, se dessinent nettement la chaîne et la trame du tissu, comme si Varo voulait illustrer des expressions telles que "la trame de la destinée","la trame de l'existence" ou "l'existence qui se déroule comme un fil".
Le tableau est structuré surtout par des lignes verticales : la machine qui puise l'énergie stellaire, les tours où se réfugient les êtres féminins après avoir revêtu les voiles blancs, les nébuleuses, les corps mêmes. Tous ces éléments verticaux indiquent que l'énergie est toujours transmise du haut vers le bas. Aucun choix pour les êtres recevant cet habit qui, certes leur confère gravité et solennité, mais ressemble également à un fardeau, entravant les mouvements et gommant la personnalité et les corps. La verticalité omniprésente détermine les êtres qui ressemblent à de simples maillons obéissant à un enchaînement supérieur qui les dépasse.
Ainsi, dans Premonición, l'être, privé de libre arbitre, subit inexplicablement sa destinée au sein de l'univers