Artemisia Gentileschi

Artemisia Gentileschi - Autoportrait
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Autoportrait - allégorie de la peinture
1638-39
Huile sur toile 98.6 x 75.2 cm
Collection de la reine Elizabeth II

 

1593 - v. 1652

Artemisia Gentileschi est née à Rome en 1593 de Prudenza Montone et du peintre Orazio Lomi Gentileschi. Orpheline de mère dès l'enfance, elle s'initie à la peinture en observant les tableaux de son père ou, selon les mauvaises langues, en posant pour lui. Craignant l'opinion commune, son père souhaite en faire une religieuse, l'enferme à la maison et ne lui permet d'entrer dans l'atelier qu'à condition de ne parler à personne. Artemisia supporte mal cet isolement et passe des heures à rêver à la fenêtre, comportement qui ne convient pas à une fille de bonne famille. Ses trois frères suivent également un apprentissage dans l'atelier paternel, mais c'est elle seule qui a connu la notoriété. Tous les efforts pour protéger sa fille seront bientôt anéantis : Agostino Tassi, son collaborateur et ami de la famille viole Artemisia. Quelques mois après, Orazio intente un procès à son collaborateur, non pour le viol de sa fille mais pour, chose plus facilement défendable devant les tribunaux de l'époque, le déshonneur qu'il a subi ainsi que pour le vol de plusieurs tableaux dans son atelier.

Au cours du procès, elle se défend en affirmant que cet homme l'a trompée en lui promettant de l'épouser et en lui cachant qu'il était déjà marié Pour Artemisia le procès se transforme en un nouvel acte de violence, elle est humiliée et mise au supplice, procédure courante à l'époque pour prouver l'innocence de la victime. On lui enserre les doigts dans des entrelacs, torture qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques en la privant de la pratique de son métier. Au terme du procès, Tassi est condamné à l'exil des états pontificaux mais ses protecteurs font révoquer sa sentence.

Le lendemain du prononcé de la sentence, en novembre 1612, Orazio marie sa fille au peintre florentin Pietro Antonio Stiattesi. Pour Artemisia c'est une libération quand elle part pour Florence pour suivre son mari. Elle a quatre enfants avec lui, mais trois meurent en bas âge. Pietro se révèle être un irresponsable qui fait des dettes et c'est Artemisia qui doit subvenir aux besoins de sa famille. Pendant son séjour à Florence elle reçoit plusieurs commandes du grand-duc de Toscane, Cosimo II de Médicis. Après la mort de ce protecteur en 1621, Artemisia retourne à Rome. On sait qu'elle ne vit plus avec son mari lorsque, l'année suivante, elle part pour Naples avec son père. mais on ne sait lequel des deux a laissé l'autre, ni quand la séparation s'est produite.

Tout au long de sa vie elle ne cessera jamais de peindre et d'améliorer son style. A son retour à Rome, Artemisia fait la connaissance de Simon Vouet et devient probablement l'amie de sa femme, Virginia da Vezzo, artiste elle aussi. En 1630 elle s'établit à Naples et fréquente un groupe de peintres caravagesques, parmi lesquels Caracciolo et Stanzione. Puis en 1637, elle se rend en Angleterre, où son père travaille à la cour de Charles Ier. En 1641 elle retourne à Naples pour y rester jusqu'à sa mort.

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Liens :

Sisyphe Miroir, texte de Pascale Beaudet, historienne et critique d'art

The life and art of Artemisia Gentileschi, site de Larry Brash dédié à l'artiste

  Retour aux peintres du Moyen-Âge au XVIIIe siècle
Artemisia Gentileschi - Madeleine pénitente Artemisia Gentileschi - Naissance dean le Baptiste Artemisia Gentileschi - Judith décapitant Holopherne

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Madeleine pénitente
v. 1630
Huile sur toile 65.7 x 50.8 cm
Collection Marc A. Seidner - Los Angeles.

 

Naissance de Saint Jean le Baptiste
1635
Museo del Prado -Madrid

Détail
Judith décapitant Holopherne
v. 1612
Naples -Museo e Gallerie nazionali di Capodimonte

Les tableaux représentant Judith

Artemisia Gentileschi - Cleopâtre Artemisia Gentileschi - Lucretia Artemisia Gentileschi - La conversion de Madeleine
Cléopâtre

Lucretia
Huile sur toile
Palazzo Cattaneo-Adorno - Genova

La conversion de Madeleine
v . 1615-1616
Huile sur toile 146.5 x 108 cm
Palazzo Pitti, Galeria Palatina Florence