Marie-Gabrielle Capet

 

Autoportrait de Marie-Gabrielle Capet
  Autoportrait
1783
Huile sur toile - 77.5 × 59.5 cm
National Museum of Western Art, Tokyo

Lyon 1761 - Paris 1818

Marie-Gabrielle naît à Lyon le 6 septembre 1761. Fait exceptionnel, Marie-Gabrielle est la fille d'un domestique et d'une servante, donc rien ne la prédisposait à manier le pinceau et, a fortiori, à faire carrière dans la peinture. Sa première formation artistique demeure inconnue, mais une chose est sûre, elle est déjà une remarquable pastelliste lorsqu’elle monte à Paris en 1781 et devient une élève d'Adélaïde Labille-Guiard. Deux ans plus tard, elle développe ses talents dans la peinture à l'huile. Parmi ses oeuvres de jeunesse, il y a deux autoportraits remarquables. Dans le premier, l'artiste, baissant les yeux sur le spectateur, s'apprête à dessiner sur une toile avec un morceau de craie. Dans l'autre, munie d'une palette et de pinceaux, elle peint le portrait d'un modèle masculin. Jusqu'en 1785, ses oeuvres sont présentées à l'Exposition de la Jeunesse, mais en 1785, elle envoie deux portraits d'officiers au Salon de la Correspondance; un pastel y est exposé l'année suivante. En raison, peut-être, d'une critique favorable, ou grâce à des contacts établis en tant qu'assistante d'Adélaïde Labille-Guiard, elle commence à recevoir des commandes. Parmi ses modèles se trouvent Madame Longrois, épouse de l'intendant de Fontainebleau, le Révérend Père Moisset, supérieur général de l'Oratoire, et des membres de la famille royale, parmi lesquels Madame Adélaïde et Madame Victoire de France, filles de Louis XV.

Au Salon de 1791, Marie-Gabrielle expose des miniatures, qu'elle continue à produire tout le reste de sa vie. En 1792 le revenu de ces œuvres lui permet de prêter de l'argent à Adélaïde Labille-Guiard afin qu'elle puisse acquérir une maison à Pontault-en-Brie avec le peintre François-André Vincent. Même après le mariage d'Adélaïde avec François-André en 1799, elle continue à vivre dans la maison du couple. En 1875 elle obtient avec Adélaïde Labille-Guiard un logement d'artiste dans le Louvre. Lorsque cette dernière tombe malade, Marie-Gabrielle Capet prend soin d'elle jusqu'à sa mort en 1803

À partir de 1795, elle présente aussi des pastels et des tableaux à l'huile aux Salons. Bon nombre de ses portraits au pastel étaient des commandes de particuliers, comme ceux d'Étienne Elias, de l'avocat Pierre-Nicolas Berryer et du dramaturge et membre du Tribunat Marie-Joseph Chénier. De même que beaucoup de portraitistes, Capet a représenté d'autres artistes, dont Vien, Suvée, Houdon, Pallière, Meynier, Vincent et Labille-Guiard. D'ailleurs, la Commission des Artistes l'a récompensée d'une mention honorable pour sa grande miniature de Houdon, comme pour celle de sa mère, présentée au Salon de 1801.

Dans les années 1800, ses modèles comptent des officiers, des fonctionnaires des colonies et même une "dame du palais" de la reine d'Espagne. Elle réalise aussi une grande scène d'intérieur, à l'huile (voir ci-dessous), qui montre Madame Vincent (auparavant Labille-Guiard) dans son atelier, réalisant le portrait du peintre et sénateur Vien (le maître de Vincent), en présence de membres de la famille Vien, d'élèves, mais aussi de Vincent et de ses élèves. Marie-Gabrielle est elle-même présente, chargeant la palette d'Adélaïde. Ce portrait de groupe est ainsi une véritable généalogie de la famille artistique de Marie-Gabrielle Capet. Au Salon de 1814, elle inclut son premier essai de peinture d'histoire, une représentation mythologique d'Hygie, déesse de la Santé, qu'elle offre au docteur Moreau de la Sarthe. Elle meurt à Paris le 1er novembre 1818.

 

 Retour aux peintres des XVIII et XIXe siècles

 

 
Scène d'atelier par Marie-Gabrielle Capet Anne-Félicité Grésille par Marie-Gabrielle Capet
 

Scène d'atelier
1808
Huile sur toile - 83 cm x 69 cm
Nouvelle Pinacothèque de Munich

  Anne-Félicité Grésille, épouse Longrois
1785
Pastel sur papier - 73.1 × 59.4 cm
Palais de Versailles
Portrait de Simon Charles Miger par Marie-Gabrielle Capet  
 

Simon Charles Miger,
1806
Huile sur toile - 97 x 84 cm
Bibliothèque Nationale de France